Ce cadre de stress-testing actuariel modélise l'impact financier des pannes Cloud pour l'assurance cyber, un risque d'accumulation majeur identifié par l'EIOPA. La chrono-modélisation décompose la perte selon la durée de la panne (T), le délai de réaction (U) et la phase de rétablissement (V), lissée par l'efficacité du plan de secours. Le modèle distingue un régime standard (mutualisation de Markowitz sous indépendance conditionnelle) d'un régime de stress (panne simultanée d'un fournisseur) où la mutualisation s'effondre, tout en appliquant une approximation gaussienne justifiée par le caractère light-tailed des risques plafonnés. Pour éviter le « piège de rentabilité » incitant à sur-exposer le portefeuille aux fournisseurs risqués, un critère d'optimisation pénalise la concentration, la solvabilité étant mesurée par la VaR et la CTE. Enfin, l'analyse met en évidence le paradoxe des pannes de durée moyenne plus coûteuses et préconise de proscrire la monoculture Cloud, de diversifier les secteurs et de privilégier la capacité de rétablissement à la rentabilité immédiate.
L’Instruction ACPR n° 2026-I-12, publiée le 10 juillet 2026, précise les modalités d’application en France des mesures de proportionnalité issues de la révision de Solvabilité II, applicables à compter du 30 janvier 2027. Elle définit les critères d’éligibilité au statut d’entreprise de petite taille et non complexe (SNCU), les conditions spécifiques applicables aux captives, ainsi que les cas d’exclusion automatique, notamment en présence d’un modèle interne ou d’une appartenance à certains groupes. Les entités éligibles peuvent bénéficier d’allègements prudentiels portant sur la gouvernance, l’ORSA, le SFCR, l’évaluation des provisions techniques et la gestion de la liquidité. L’instruction distingue un régime de notification pour les SNCU et un régime de demande pour les autres organismes à risque limité, tout en précisant les modalités de contrôle, les conditions de perte du statut et les exigences techniques associées à certaines mesures de proportionnalité.
L’ICAAP, selon le guide BCE de juillet 2026, est un outil stratégique assurant la résilience bancaire. Il combine deux perspectives complémentaires : normative (conformité réglementaire) et économique (préservation de la valeur), qui doivent s’alimenter mutuellement. La BCE exige une identification exhaustive des risques, des méthodes prudentes, des stress tests sévères, une validation indépendante et des données fiables. Les risques difficiles à quantifier doivent être couverts par des hypothèses conservatrices. Intégré à la gouvernance et aux décisions stratégiques, l’ICAAP permet de préserver la solvabilité, d’anticiper les chocs et de distinguer clairement les coussins internes des exigences prudentielles.